Bonjour tout le monde! Pour attaquer cette série et l’été qui a bien démarré, nous allons parler de domotique. Pour ceux qui ne le savent pas, la domotique consiste à automatiser et connecter des éléments de gestion d’une maison, afin de la piloter, éventuellement à distance.

Bien entendu il ne s’agit pas d’un tuto, mais d’une revue subjective d’une solution technique que j’ai mise en oeuvre

Introduction à la domotique et problématique

Alors il existe plein de solutions. La plus complète est d’avoir des systèmes de gestion KNX dans la maison, mais cela nécessite soit d’y poser à la construction, ou de profiter d’une rénovation. Problème: c’est cher, et souvent il faut faire appel à un installateur agrée.

Autre solution: acheter des équipements connectés. Moins chers, mais plus pénible car on se retrouve avec plein d’applis qui gèrent chacune leur domaine: une pour l’aspirateur robot, une pour les volets… il faut donc autant de comptes, et donc autant de connexions. Comment allier le coût à la praticité?

La solution est home assistant. Il s’agit d’une solution open source, qui peut d’installer sur un rasberry PI. Le but est de centraliser tout sur une seule appli. l’appli va alors interfacer avec les différents systèmes et se substituer à vos applis.

Partie 1: Étude de cas

Alors je ne vous décriais pas comment installer home assistant, le site officiel s’en charge très bien. Vous pouvez installer d’ailleurs sur tout types de plateforme (Windows, MacOS, Linux, machine virtuelle etc…), mais nous allons commencer par une étude de cas.

Dans ma maison, j’ai:

  • Des volets roulants électriques Somfy
  • Un aspirateur robot naeto
  • Des douilles connectées Tuya
  • Une alarme Vérisure (sans blague?)
  • Des climatisations Toshiba
  • Un compteur communiquant pour le gaz (gazpar)
  • Un compteur électrique électromécanique
  • Un compteur d’eau auto-relevé à distance

Nous allons donc étudier élément par élément pour voir comment les connecter et faire la remontée d’informations, ainsi que les commandes

1) Les volets roulants

Ayant pu négocier à la construction des volets roulants électriques, il m’a été posé du Somfy (en protocole RTS pour les connaisseurs). J’ai donc naturellement cherché sur le site de somfy, et la solution la plus simple est la tahoma box. Elle se charge d’envoyer les trames radio aux volets et fait une interface smartphone.

2) L’aspirateur

Nous avions acheté le botvac D6 pour le laisser tourner dans la maison et aspirer les poils des deux terreurs à pattes que nous avons. (Bon ça la version officielle, en vrai c’est par flemme). Là, pas besoin de passerelle, car l’aspirateur possède une carte wi-fi et permet via l’appli une commande à distance

Oui, ce truc nettoie à ma place…

3) Les lumières

Nous arrivons sur les cas qui nécessitent de réfléchir un peu. Nous avons grosso-modo deux manières de commander les lumières: Ou changer la lampe, ce qui me gêne car à chaque fois que la lampe finit par mourir, on jette un paquet d’électronique, ou bricoler dans l’interrupteur pour y ajouter une commande à distance.

Le problème avec cette méthode, c’est qu’entre l’interrupteur de base et le luminaire, il n’y a qu’un fil qu’on appel « retour lampe ». Or, pour fonctionner, les interrupteurs domotiques ont besoin soit d’une phase et d’un neutre (donc ramener le neutre depuis la lampe jusqu’à la commande) soit d’installer un condensateur (et encore ça ne marche qu’avec certains interrupteurs).

J’ai donc opté pour une solution, un peu bâtarde, qui consiste à installer une douille connectée. Tout comme la lampe connectée, on ne peut plus vraiment utiliser l’interrupteur (il doit rester en position marche), mais en cas de changement de lampe, pas besoin de reprogrammer.

4) L’alarme

« Quelle surprise! un technicien Vérisure qui a une alarme Vérisure! » Alors oui, je gagne le prix de l’originalité sur ce point. La aussi, Vérisure a une appli de commande à distance, et un site internet qui permet, via l’espace client, de piloter le système.

5) La climatisation

Ici aussi, j’ai négocié pour que la climatisation soit installée avec des cartes wi-fi, ce qui me permet de la commander à distance.

6) Le gazpar (et ne revient pas… désolé)

Après ce bide monumental, intéressons-nous au fonctionnement du compteur Gazpar. Ce compteur fonctionne comme un compteur classique, mais chaque mois, envoie la relève au gestionnaire du réseau de gaz (GrDF), qui transmet ces infos au fournisseur de gaz (votre opérateur) pour facturation. Pour cela, les informations sont envoyées en radio vers un concentrateur qui se charge de faire la transmission

Source: hellowatt

A ce niveau-là, on peut se dire: « Donc on capte les ondes radio, et on les interprète »… Sauf que non. Les informations sont chiffrées, et donc inexploitables. Cependant, le compteur gazpar possède sur le côté une borne qui est un contact sec, qui se ferme tous les 10L de gaz consommés. Alors même si on nous facture des KwH de gaz, il s’agit juste d’une conversion qui part des m3 consommés, et pour rappel, 1m3 = 1 000L. Et le but est d’avoir une idée de notre consommation en temps réel, pas d’estimer notre prochaine facture

Si on peut donc capter ces impulsions, on peut donc les transmettre à notre système et en retirer les informations

Je sais qu’il existe la possibilité d’avoir un compte sur le site de GrDF, mais la consommation est remontée chaque mois. Pour avoir une conso à l’heure, il faut en faire la demande à l’opérateur, qui s’en fiche un peu au mieux, ou qui ne va pas comprendre votre demande….

7) Le compteur électrique

Depuis quelques temps, j’ai un équivalent au compteur Linky. Je suis dans une campagne desservie par une entreprise locale de distribution (ou ELD). De fait, il est techniquement possible de récupérer les consommations, mais comme le gaz, cela se fait au mois.

En revanche, sur ces compteurs, il y a une broche qui sert pour la relève à courte portée. Le téléport. Vous en avez vu forcement la platine de rue qui lui est directement relié

platine de rue téléport

Via ces bornes T1 et T2, beaucoup d’infos transitent: relève, puissance en cours de consommation, matricule compteur etc… Il suffit donc de se connecter à ce port, d’en extraire les infos et de les remonter.

Partie 2: le choix technique

Les bases sont posées… Voyons comment nous allons régler chaque problème, avec quel matériel et pour quel coût…

1) Le serveur Home Assistant

Pour le serveur, vous avez compris que nous allons utiliser home assistant qui est gratuit. Nous l’installerons sur notre ESX, donc un coût de 0€ (Note de Février 2024: A ce jour Broadcomm, qui a racheté vmware, a supprimé les licences gratuites. Il faut désormais passer sous Hyper-V) . Même si de base, j’ai payé le matériel sur lequel tourne cet ESX, ainsi que les upgrades, en soi, je néglige ces coûts, car amortis depuis longtemps. Si vraiment vous n’avez rien d’autre, vous pouvez acheter un raspbery pi 4.

2) la connexion aux appareils déjà connectés

Ici, nous visons les lumières, l’aspirateur, l’alarme et la clim. De ce côté là, il suffit de chercher dans les forums (généralement en tapant une requête du genre « Home assistant <nom du fabriquant> ») pour trouver quel plugin installer. Donc là, je ne compte pas le temps de recherche car inquantifiable, et le coût est généralement nul car les solutions sont open source. Donc encore 0€

3) La connexion des appareils connectables facilement

Cette fois-ci, je me tourne vers les volets roulants. Somfy propose (en Juillet 2023) une nouvelle version de sa tahoma. Elle n’est pas donnée, et coûte environ 170€ sur amazon.

4) les appareils plus difficiles à connecter

Nous allons arriver aux choses sérieuses.

Pour le compteur de gaz, vu qu’on a un système d’impulsions, il nous suffit de trouver un émetteur/récepteur. Grâce à un interrupteur zigbee (norme de communication radio à courte portée), et deux fils, nous pouvons convertir chaque impulsion en signal radio qui sera reçu par le serveur. Comptez une trentaine d’euros pour le récepteur USB zigbee (lien amazon ici), une vingtaine pour les interrupteurs (toujours par ici sur amazon), et quelques euros pour les fils Le tuto est disponible ici

Pour le compteur d’eau, pas de bornier. En revanche, la petite aiguille contient un aimant. Cet aimant peut être capté par un système de comptage qui se pose par-dessus le compteur, et grâce à deux fils, donnent une impulsion, qui peut être capté par l’interrupteur zigbee cité précédemment. Par ici le tuto. Concernant le capteur, il faut en prendre un compatible avec le compteur d’eau que vous avez. Regardez ici par exemple, dans le doute, passez-leur un appel avec les références de votre compteur.

Enfin, pour le compteur électrique, M. Hallard a développé un système qui se branche sur les bornes téléport et grâce à l’interface USB, on peut se connecter au home assistant. Son produit est disponible sur Tindle pour environ 20€ et nous avons même un tuto qui nous explique comment faire.

Bien évidemment, il faut prendre en compte la distance du zigbee (environ 15m), ainsi que de ne pas immerger les émetteurs…

5) La connexion à distance

Domotiser c’est bien! Mais avoir accès à distance, c’est mieux! Et là, soit on paye l’abonnement de 6€/mois proposé par home assistant, ou alors, si vous êtes assez doué pour gérer les DynDns ainsi que les transferts de ports, vous pouvez acheter un nom de domaine auprès d’OVH, qui vous coûtera une dizaine d’euros par an.

Récapitulatif des coûts:

  • Serveur: 0€ pour un ESXi déjà installé ou 120€ pour un raspbery pi
  • Applications déjà connectées: 0€
  • Box Tahoma: 170€
  • Récepteur Zigbee: 30€
  • Émetteurs Zigbee: 20€
  • Fils et soudures: je mets 5€ par défaut, car cela vous prendra 4 fils au mieux
  • Compteur d’impulsion d’eau: de 20 à 80€
  • module µtéléinfo: environ 20 à 25€ selon l’envoi que vous avez choisi
  • Accès à distance: 6€/mois ou 10€/an
  • Coût total: environ 400€ de matériel, et entre 1 et 6€/mois

J’ai volontairement négligé la connexion internet ainsi que l’électricité consommé, cela représente pour l’application quelques dizaines de centimes voire 1 à 2€/mois.

Bilan

En voyant le prix, on peut se dire: « ça fait cher la domotique! » ET oui, c’est compréhensible. Cependant, il faut garder à l’esprit qu’il y a un côté pratique: on gère tout en une appli. Beaucoup d’appareils sont compatibles, soit avec un peu de bidouille, soit avec un bon coup de bricolage, et la communauté développe des tas d’applications pour rendre un maximum d’appareils compatible.

L’intérêt est qu’on peut même lancer des scenarios. Par exemple: vous partez travailler, dès que l’alarme est activée, le système peut lancer automatiquement l’aspirateur. Ou alors, si vous êtes sur le point de tout faire disjoncter car vous tire trop de puissance, vous pouvez recevoir une alerte avant que tout saute.

Tout est possible et je trouve ça fabuleux. A titre personnel, j’ai installé l’ensemble des solutions disponibles, pour ma maison, et c’est un bonheur de pouvoir suivre les conso de gaz, d’électricité et d’eau en temps réel, de gérer en une appli l’ensemble de la maison.

Il me reste à trouver comment intégrer une tablette dans un mur pour avoir un panneau de commande tactile… et j’aurais la maison du futur!

J’entends des personnes craindre pour leur sécurité. Du genre: « Et si ton serveur se fait pirater? » Là aussi, il existe des recommandations de sécurité telles que mettre à jour, utiliser des mots de passe complexes etc… qui permettent d’assurer la sécurité. Il suffit de s’informer sur les mises à jour et de les faire.

Sur ce, je vous laisse choisir, et découvrir le monde fabuleux d’Home Assistant!

A bientôt pour un nouveau billet